Le virus améliore la popularité de Bolsonaro.


C’est un fait difficilement contestable : en termes de santé publique, la politique menée par le gouvernement Bolsonaro et par le Président lui-même depuis la crise du corona-virus a été calamiteuse. Il n’y a pas eu de réponse cohérente, coordonnée et efficace à l’échelle nationale. Les crédits budgétaires exceptionnels votés pour accroitre les capa-cités d’intervention du Ministère de la santé n’ont pas été correctement gérés. Les efforts isolés de gouverneurs d’Etats et de municipalités n’ont pas été relayés et soutenus au plan fédéral. L’Etat central ne peut évidemment pas être considéré comme le seul res-ponsable des dégâts énormes causés par un virus encore mal connu. Néanmoins, la po-litique conduite par l’Administration Bolsonaro, l’attitude et les déclarations du Chef de l’Etat ont contribué au développement rapide d’une épidémie devenue en quelques mois une catastrophe sanitaire. Les premiers cas ont été identifiés à la fin février. Au début de septembre, la covid-19 avait infecté plus de 4 millions de personnes et causé 127 000 morts. Le Brésil est le troisième pays au monde le plus touché, derrière les Etats-Unis et l’Inde.

Le bilan atterrant de la politique sanitaire du gouvernement Bolsonaro fait régulièrement la une des médias nationaux. L’action du Président est dénoncée par une majorité de leaders politiques, de formateurs d’opinion, de parlementaires. Pourtant, le coronavirus semble profiter à Bolsonaro. Sa popularité s’est améliorée depuis quelques mois, faisant même oublier des scores médiocres dans les sondages conduits avant mars dernier. Fin août, l’enquête menée par l’institut Poderdata a montré que 50% des personnes interro-gées évaluaient positivement l’action du gouvernement (contre 41% en juin). Une autre étude publiée début septembre confirme que Jair Bolsonaro gagnerait facilement l’élec-tion présidentielle si elle avait lieu aujourd’hui. En réalité, dans la bataille de communica-tion qu’il mène depuis six mois autour de la Covid-19, le Chef de l’Etat semble l’emporter face aux scientifiques, aux grands moyens de communication et aux partis d’opposition. Comme s’ils percevaient qu’ils n’étaient plus en phase avec l’opinion publique, les gou-verneurs et les maires qui avaient dès mars institué un confinement ont commencé en juin à autoriser la reprise des activités alors qu’aucun signe de reflux de l’épidémie n’ap-paraissait alors.


Evaluation du gouvernement Bolsonaro sur 4 mois*


En % des personnes interrogées. Source : Poderdata.


Un vieux politicien formé dans les banlieues.

Jair Bolsonaro est un politicien professionnel, élu puis réélu député fédéral dans l’Etat de Rio de Janeiro pour 7 mandats consécutifs, entre 1991 et 2018. Au fil des années et des campagnes, l’ancien capitaine a acquis une bonne connaissance de l’univers dans lequel vit une grande partie de son électorat : la périphérie de la capitale de l’Etat, les agglo-mérations proches. Il a appris à capter et à exploiter les mentalités, les inquiétudes, les réflexes et les aspirations des populations des banlieues. Il a découvert qu’en l’absence de l’Etat, le contrôle social y était souvent exercé par le crime organisé ou par des pas-teurs d’églises évangéliques. A quelques kilomètres des plages de Rio de Janeiro, les conditions d’habitait précaires, la violence permanente, le règne de l’économie informelle et de la débrouille façonnent la culture des habitants plongés dans l’insécurité et sou-vent confrontés tôt à la mort. Des millions de favelados déscolarisés avant l’heure sont venus grossir depuis quelques décennies les rangs des fidèles de mouvements pente-côtistes. Les temples ont poussé dans les banlieues bien plus vite que les réseaux de transport urbain, de distribution de l’eau courante ou de collecte d’ordures. Les pasteurs y prêchent l’acceptation d’une vie de souffrance et souvent courte, la soumission à un destin inéluctable. Lorsqu’une épidémie frappe (Ebola hier, la dengue depuis des lustres, le coronavirus aujourd’hui), la mort qui survient n’est jamais présentée comme un drame qui aurait pu être évité ou retardé par l’action humaine, grâce à l’intervention de pouvoirs publics, au recours à la science et à la médecine. La survie d’un patient contaminé après quelques semaines de maladie n’est pas considérée comme le résultat d’un traitement efficace, de soins fournis par des professionnels de santé accessibles, compétents et équipés. Quel que soit le sort des humains face à l’adversité, il dépend de la puissance divine. Aux uns, sans doute parce qu’ils ont accepté leur sort et suivi scrupuleusement les directives de leur pasteur, Dieu a concédé une infection passagère. Aux autres, moins soumis, il a retiré la vie.

Proche des milieux évangéliques depuis des années, baptisé lui-même par un pasteur en 2016, Jair Bolsonaro connaît bien la foule des périphéries qui se rassemble dans les temples. Il sait que ces masses ne baignent pas dans une culture de révolte, qu’elles sont encouragées à accepter leur malheur et se mobilisent difficilement contre les pouvoirs en place. Il sait encore que les populations qui ont quitté très tôt un système scolaire inadapté et insuffisant ne connaissent pas leurs droits, n’imaginent pas être écoutées par les décideurs publics et encore moins d’être capables d’influencer leurs choix. Il sait aussi qu’à la périphérie des villes, la vie et la survie économique des familles ne tient souvent qu’à peu de choses : un petit boulot, la vente à sauvette, les coursiers qui dépendent d’Uber ou d’autres plateformes, un trafic de stupéfiants, quelques heures de ménages dans les quartiers aisés, un atelier de confection lié à un donneur d’ordre..…L’économie informelle domine. Elle condamne un énorme contingent de Brésiliens (près d’un sur deux) à l’insécurité sociale.

Le négationnisme en action.

En mars dernier, lorsque l’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé que la Covid-19 était effectivement une pandémie, le Président a réagi en fonction de cette expérience acquise de "sociologue autodidacte des quartiers". Il a immédiatement dénoncé les me-sures de confinement et de lock-down (fermeture imposée des entreprises, centres com-merciaux, magasins, etc..) prises par des gouverneurs d'Etats et les maires de commu-nes. Ce faisant, Jair Bolsonaro n’a pas obéi aux recommandations de conseillers en mar-keting politique ou en communication. Il a sans doute écouté son intuition, des mem-bres de sa famille et quelques pasteurs. Il a tout de suite compris que la première préoc-cupation d’une bonne moitié de la population serait d’assurer sa survie économique. Pendant des semaines, des experts en santé publique (le Brésil n’en manque pas), des économistes renommés ont régulièrement répété que le dilemme entre maintien de l’activité économique et lutte contre la pandémie était un faux dilemme, que l’économie finirait par s’effondrer même si des mesures sévères de confinement n’était pas prises. Il fallait donc d’abord mettre l’économie et la vie sociale en hibernation pour parvenir à stopper le virus et reprendre ensuite l’activité. Ce discours légitime et rationnel n’a pas convaincu le peuple des périphéries souvent confronté à la mort. Pour la moitié de la population qui vit avec moins de 180 dollars par tête et par mois, la liberté d’aller et venir c’est la possibilité de disposer d’un revenu, c’est la différence entre la pauvreté et la misère, la survie et la faim.

Dès mars dernier, le Président a égrené des déclarations absurdes sur le virus et multi-plié les apparitions en public en transgressant toutes les mesures sanitaires. A chaque fois, il visait trois objectifs : minimiser les effets de la Covid-19, disqualifier les recom-mandations des médecins et des scientifiques et dénoncer les mesures de confinement et de quarantaine prises par des autorités locales. Quelques jours après l’identification du premier cas de coronavirus dans le pays, intervenant sur une chaîne de TV d’audience nationale, il a qualifié la maladie de "simple petite grippe". Plus tard, il a comparé l’épi-démie à un phénomène météorologique bénin avec lequel il faut composer ("une averse qui mouillera effectivement quelques passants"). Il ira même jusqu’à appeler les Bré-siliens à descendre dans la rue et à affronter la maladie en montrant qu’ils sont de "vrais hommes"…Lorsque des autorités locales ont décrété un confinement total entre mars et avril, les populations concernées ont adhéré au départ à la mesure. Les rues se sont vidées dans les grandes agglomérations comme São Paulo ou Rio de Janeiro. Les com-merces ont fermé, la circulation automobile a presque disparu. Cette mise en hibernation n’a pas duré, notamment dans les banlieues.

Un samedi, le Président est sorti de son palais sans porter de masque. Il est allé bavarder à la périphérie de Brasilia avec des vendeurs de rue et des artisans qui refusaient la qua-rantaine. Suivi par de nombreux reporters, assuré du succès de cette opération de communication, il n’a pas cessé pendant des heures de répéter que tous ceux qu’il venait de rencontrer souhaitaient simplement travailler, c’est-à-dire assurer leur gagne-pain. Ce jour-là, pour un large secteur de la population, Jair Bolsonaro est apparu comme un leader qui défendait l’intérêt des plus modestes, des sans-grades, des laisser pour compte. Ce jour-là, même si en réalité il faisait tout le contraire, le chef de l’Etat a com-mencé à convaincre les pauvres qu’il était de leur côté…



Le Président rend visite aux commerçants de rue au début de l'épidémie.


Quelques semaines après cette escapade programmée, alors que le virus se propageait dans tout le pays, le chef de l’Etat va pousser à la démission un ministre de la santé qui avait le défaut de suivre les recommandations du monde médical. Son successeur, éga-lement trop respectueux de la science, connaîtra le même sort. Les deux personnages avaient l’audace de défendre les mesures de confinement et de dénoncer le recours à l'hydroxychloroquine dans le traitement de la maladie virale tant que son efficacité n’était pas démontrée. Ils ont été remplacés par un général de l’armée de terre spécialiste de….logistique. Cet officier supérieur qui n’a aucune compétence en médecine et en santé publique a pris rapidement une mesure importante aux yeux du Président : limiter la divulgation de toutes les statistiques disponibles sur les contaminations et les décès afin de minimiser l’importance de la pandémie et du drame humanitaire qui s’aggravait [1].

En avril, lorsque le STF a donné raison aux gouverneurs qui avaient instauré des mesu-res de confinement et de lock-down, le Président s’en est pris aux haut-magistrats de la Cour suprême. A plusieurs reprises, il a pris la parole lors de rassemblements organisés par ses partisans et menacé les juges d’une intervention militaire. Rappelant à ses fidèles que son second prénom était Messias (Messie), il a quand même souligné que cela ne suffisait pas pour qu’il parvienne à faire des miracles face à la crise sanitaire….Dès les premiers mois de l’épidémie, la minimisation systématique de l’enjeu de santé publique et le refus de tout mettre en œuvre pour l’affronter vont définir la posture présidentielle. Le Chef de l’Etat apparaît alors de plus en plus isolé. Ses propos et sa ligne de conduite sont dénoncés par une majorité de gouverneurs et de leaders politiques. Bolsonaro est aussi très critiqué par les Présidents des deux chambres du Congrès et des parle-mentaires influents de tous bords. Pendant plusieurs semaines, en avril, tous les soirs, des milliers de citadins des quartiers de classe moyennes et aisées (qui l’avaient soutenu lors de l’élection de 2018) organisent des concerts de casseroles aux fenêtres pour expri-mer leur indignation et exiger le départ de ce chef de l’Etat irresponsable. Plus tard, en juin, lorsqu’un proche de la famille Bolsonaro est arrêté pour participation à un dispositif de détournement d’argent public (voir l’article "Le clan Bolsonaro, ses disciples et la Justice", publié le 6 juillet dernier en rubrique Actualités du Brésil), les observateurs com-mencent à évoquer une procédure d’impeachment contre l’ancien capitaine…

Pourtant, à partir de juin, le vent va tourner en faveur de ce Président que l’on a cru un temps très menacé. Dans les milieux aisés et cultivés comme au sein des classes moyennes, on raille encore ce personnage grossier, apparemment malhabile et provo-cateur. On se gausse de son mépris de la science, on s’indigne du manque total d’em-pathie affiché par le chef de l’Etat à l’égard des milliers de familles endeuillées ou des millions de soignants très mobilisés. A la périphérie des villes, passée la stupeur de la première phase de l’épidémie, le sentiment de la population a changé. En mars, sous la pression d’élus du Congrès, le gouvernement a été contraint de créer un nouveau programme social pour permettre aux plus pauvres de faire face à la crise sanitaire et à ses suites. Le ministre de l’économie n’envisageait qu’une modeste prestation temporaire de 200 réais (30 euros) par mois, versée uniquement d’avril à juin. Députés et sénateurs vont adopter un dispositif plus généreux. Le montant de l’allocation sera de 600 réais (près de 95 euros). Elle sera versée à tous les travailleurs qui survivent dans l’économie informelle. Une fois que ce programme a été lancé, Jair Bolsonaro a rapidement reven-diqué la paternité du dispositif. Après les premiers versements, sa popularité chez les plus démunis a commencé à progresser. Le Président a finalement compris que cette allocation était un puissant argument politique. Le versement mensuel a été prolongé une première fois jusqu’en août, puis reconduit ensuite avec un montant réduit (300 réais) sur la période septembre-décembre.

En juillet dernier, on recensait 66,2 millions d’allocataires qui auraient connu la misère absolue et affronté la faim sans ce secours d’urgence. Sur les régions les plus pauvres du pays, le versement de l’allocation a entraîné une élévation du revenu moyen par habitant par rapport à son niveau d’avant la crise sanitaire. Ce secours pour les pauvres est deve-nu l’outil électoral préféré du Chef de l’Etat qui ne pense qu’à 2022 (prochain scrutin présidentiel). Alors qu’il dénonçait les programmes gouvernementaux d’assistance aux plus modestes pendant sa campagne de 2018, il est devenu aujourd’hui leur premier dé-fenseur. L’amélioration de la côte de popularité de ce candidat permanent est très sensi-ble au sein des couches les plus défavorisées de la population.

Le covid-19 n’épargne personne. En juillet, le chef de l’Etat a été diagnostiqué porteur du virus. Il s’est alors confiné dans sa résidence présidentielle où il a été soigné. Pendant ce confinement, le travail de communication politique n’a pas été suspendu. Régulièrement, sur Facebook , le patient a informé ses followers de l’évolution favorable de son état de santé. Il a surtout profité de l’opportunité pour confirmer qu’il suivait une cure à base d’hydroxychloroquine [2], une molécule dont l’utilisation dans le traitement du corona-virus est critiquée par la plupart des scientifiques, y compris au Brésil. Heureusement pour lui, Jair Bolsonaro s’est rapidement remis sur pied. Cette récupération a bien évi-demment été présentée comme une preuve de plus de la justesse de la position néga-tionniste affichée dès mars par le chef de l’Etat. Le coronavirus n’était bien qu’une petite grippe…

La population s’auto-déconfine…

Le Président s’est acquis le soutien des pauvres en défendant leur droit au travail et leur versant une allocation qu’il entend désormais transformer en transfert permanent. Les classes moyennes et supérieures qui jouaient de la casserole au début de l’épidémie et acceptaient le confinement là où il était imposé ont fini par en avoir marre de cette crise sanitaire et des contraintes qu’elle introduisait dans leurs vies. Quatre mois après l’appa-rition de la Covid-19, en juillet, les premiers bars rouvraient. Ils étaient pris d’assaut. Lors des apéritifs et des happy-hours, les consommateurs soulagés ont commencé à se de-mander si Bolsonaro n’avait pas eu raison. Ils ont souvent pensé que tout aurait été plus simple si l’on avait ignoré ce virus qui sème d’abord la mort au sein des populations à risque (le troisième âge, les milieux populaires). Dans les milieux aisés et les couches intermédiaires de la société, chez les jeunes, les effets négatifs d’un strict confinement (fatigue, dépression, anxiété, relâchement des liens familiaux, perte de la convivialité) ont fini par avoir plus d’importance qu’une menace virale perçue comme distante et bénigne. En outre, au sein de ces groupes sociaux, on a commencé aussi à se préoccuper de l’avenir des emplois et des revenus (la crise sanitaire débouche sur une récession éco-nomique). Après quelques mois de quasi-hibernation, un large secteur de la population a recommencé à vivre comme si l’épidémie était terminée. Sur les stations balnéaires du littoral, les plages ont été envahies à la fin août, lorsque l’hiver austral a tiré sa révérence. En l’espace de trois mois, tout s’est passé comme si le discours négationniste irres-ponsable de Jair Bolsonaro avait fini par influencer - ou convaincre - une part de plus en plus importante de la population.



La foule sur la plage d'Ipanema à Rio de Janeiro le 6 septembre 2020.

La responsabilité du Président par rapport à crise sanitaire et humanitaire est aussi pres-que oubliée ou sous-estimée. A la fin du mois d’août, un sondage réalisé par l’institut DataFolha montrait que 47% des personnes interrogées considèrent que le Chef de l’Etat n’était en rien responsable des dizaines de milliers de victimes qu’avait déjà fait l’épidé-mie. Pour 41% des sondés, Jair Bolsonaro avait sans doute une part de responsabilité mais d’autres facteurs devraient être pris en compte. Seuls 11% des interrogés considé-raient que le Chef de l’Etat avait une lourde responsabilité dans le drame que le pays continue à traverser. Le Brésil est encore un pays très divisé politiquement mais le bilan provisoire de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement Bolsonaro ne semble pas avoir amplifié la polarisation de l’opinion.

L’histoire est évidemment loin d’être terminée. Le déconfinement pratiqué ces derniers mois peut favoriser une seconde vague épidémique. En janvier 2021, l’allocation d’ur-gence octroyée aux pauvres ne devrait plus être versée ou son montant aura été très réduit. Quelle sera alors la réaction des dizaines de millions de bénéficiaires qui ont reçu un temps cette manne inespérée ? L’ampleur de la récession économique devrait être moins forte que ce l’on annonçait il y a quelques mois, sans doute en raison même du versement de l’allocation d’urgence qui a limité la contraction de la consommation. Désormais requinqué par les enquêtes d’opinion et les sondages, le Président voudrait rompre avec la discipline budgétaire et relancer l’économie en injectant de l’argent public à tout va. Les marchés financiers craignent qu’il cherche à maintenir sa popularité en faisant gonfler des déficits, déjà considérables sur 2020 (voir à ce sujet les articles récents publiés ici sous le titre "Le retour du populisme économique").

"Le Brésil gagne le combat contre la Covid" : tel était le nom d’une cérémonie officielle organisée à la fin août au palais du Planalto (le siège de la Présidence). Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, Jair Bolsonaro a vivement remercié les quelques mé-decins qui ont approuvé sa propagande en faveur de l’utilisation de l'hydroxychloroquine. Il a évidemment critiqué les gouverneurs qui ont imposé des mesures de confinement. Il n’a pas fait état une seule fois du bilan catastrophique d’une épidémie qui, selon les projections, devrait avoir provoqué près de 175 000 décès à la fin de l’année. Six mois après le début de la crise sanitaire, le chef de l’Etat semble sur le point de gagner la guerre d’influence qui se joue autour du coronavirus. Tout se passe comme si une grande partie de la population avait fini par intégrer et accepter le "virus négationniste" diffusé depuis mars par le Président et ses proches.


[1] Le STF (Cour suprême) contraindra ensuite le gouvernement à publier toutes les don-nées disponibles. [2] Pendant son confinement, le Président s’est bien gardé de révéler qu'il disposait en permanence d’une équipe de 6 médecins à son service (et à ses côtés 24 heures sur 24) et d’un hélicoptère stationné dans le jardin de la résidence présidentielle. L’appareil aurait pu le conduire en moins de 5 minutes vers un établissement de soins intensifs très bien équipé si le besoin s'était fait sentir.

Qui sommes nous?

Jean-Yves Carfantan, économiste, consultant en économie agricole. Analyse et suit l’évolution de l’économie et de la politique au Brésil depuis 30 ans. Vit entre São Paulo et Paris.  Il anime ce site avec une équipe brésilienne formée de journalistes, d’économistes et de spécialistes de la vie politique nationale.

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