Le Brésil, un pays du futur, jusqu'à quand ? (5).


Maladie hollandaise : le variant brésilien.



Le processus de désindustrialisation semble s’accélérer sur les périodes de hausse pro-longée des cours mondiaux des matières premières. C’est le cas entre 2004 et 2010. Le "super-cycle" des produits de base dont l’économie brésilienne a bénéficié n'a pas été favorable à l’industrie de transformation nationale. En 2004, elle représentait encore près de 18% du PIB. Cette part passe en dessous du niveau de 14% à partir de 2011. L’évolution d’autres indicateurs sur la même période illustre aussi les difficultés du secteur industriel national. En 2004, les exportations de produits des industries manufacturières représen-taient plus de 54% des exportations totales du pays. Cette part n’était plus que de 34,4% en 2012. En début de période, le Brésil enregistrait un déficit limité de ses échanges de produits manufacturés. A partir de 2007, ce déficit se creuse. Sur les années récentes, les importations ont représenté plus de deux fois la valeur des exportations.


Huit années de prospérité illusoire.


A partir de 2003, pendant près de dix ans, le Brésil va enregistrer à la fois une progression spectaculaire de ses recettes d’exportations (multipliées par trois) et une forte augmen-tation de ses importations de produits manufacturés. La hausse des revenus d’exporta-tions est très corrélée à la croissance des recettes dégagées sur des livraisons de produits de base et de dérivés de la première transformation de matières premières (minerais, soja, pétrole, viandes, sucre, café, cellulose). La hausse des prix internationaux de plusieurs commodités livrés par le Brésil sur les marchés mondiaux, l’augmentation en volume des exportations entraînent un accroissement remarquable des recettes en devises fournies par les filières concernées. Sur les premières années du XXIe siècle, les exportations de commodités représentent en moyenne un revenu annuel en devises de 25,5 milliards de dollars (4,47% du PIB, moyenne des années 2000 à 2003). Au début de la décennie suivante, ce revenu dépasse les 144 milliards de dollars (5,9% du PIB).


Evolution des recettes annuelles d'exportations en milliards de dollars.

Source : IPEA, 2021.


Lorsque commencent les années 2000, le Brésil est déjà confronté comme toutes les économies de marché à un phénomène qui a émergé sur la fin du XXe siècle : la baisse tendancielle des prix de nombreux produits manufacturés sur le marché international. Devenus les principaux ateliers du monde, la Chine et d’autres pays d’Asie s’imposent de plus en plus comme fournisseurs compétitifs de biens industriels traditionnels (textiles, cuirs, jouets, chimie, équipements électriques, automobiles, machines) mais aussi d’arti-cles et d’équipements sophistiqués incorporant des innovations technologiques (produits informatiques, composants électroniques, optique, téléphonie, équipements de com-munication).


Au Brésil comme dans les autres pays d’Amérique latine exportateurs de matières pre-mières, la conjugaison des deux phénomènes se traduit par une sensible amélioration des termes de l’échange, c’est-à-dire une hausse du pouvoir d’achat international. Au cours du "super-cycle" des matières premières, les termes de l’échange brésiliens s’amé-liorent continûment pour atteindre un sommet en 2011. Cette amélioration est très marquée si l’on considère certaines matières premières qui se sont fortement valorisées sur le marché international dans l’intervalle et le prix de certains produits manufacturés qui ont régulièrement baissé sur la même période. Au début des années 2010, la presse brésilienne recourait souvent à un exemple spectaculaire pour illustrer ce constat. En 2005, un navire minéralier de capacité moyenne transportant du minerai de fer ache-minait un produit fongible d’une valeur commerciale équivalente à celle de 2 200 récepteurs importés de TV à écrans plats. Cinq ans plus tard, la même cargaison de minerai fer avait une valeur commerciale égale à celle de 22 000 récepteurs de TV du même type.


Un troisième élément doit ici être pris en compte. L’amélioration des termes de l’échange pour les matières premières et la dépense subséquente du supplément de revenu dans l’économie domestique va conduire à une valorisation de la monnaie nationale par rap-port aux grandes devises. Le taux de change effectif réel [1] (qui reflète le pouvoir d’achat de la monnaie nationale par rapport à celles des principaux partenaires commerciaux du Brésil) connaît une appréciation marquée entre 2003 et 2011. Le taux de change réel de la monnaie brésilienne est lié au prix des matières premières exportées. Le réal brésilien va aussi être surévalué pendant ces années en raison de l’afflux de capitaux lié aux opé-rations dites de "carry trade », consistant à emprunter dans une monnaie à faible taux d'intérêt (yen, dollar...) pour investir dans des devises qui offrent des taux élevés, ce qui est le plus souvent le cas pour une "monnaie matières premières" comme le réal. A partir de 2004, lorsque les marchés financiers auront digéré et accepté l’élection de Lula, les entrées de capitaux au titre des investissements de portefeuille s’intensifient, les investis-sements directs se redressent, ce qui contribue à soutenir la dynamique d’appréciation du réal contre dollar tout comme celle du taux de change effectif réel.


Entre 2004 et 2011, la croissance annuelle moyenne du PIB est de 4,4%. Elle est soutenue au début de la période par une accélération puissante des exportations en volume (elles croissent en moyenne de 5,3%/an sur les huit années), dopées par la flambée des prix des produits de base. Elles sont néanmoins vite rattrapées par les importations (dont la croissance moyenne atteint 13,4%/an sur la même période). Au fil des années, la contri-bution à la croissance des exportations nettes en volume apparaît de plus en plus faible. Le principal moteur de la croissance sera la demande interne. L’impulsion initiale que fournit l’augmentation des revenus suscitée par l’amélioration des termes de l’échange et des volumes exportés stimule la consommation. Le boom de la consommation est favorisé par le développement de l’emploi dans plusieurs secteurs (voir plus loin) et le relèvement des bas salaires. Il est aussi soutenu par la politique sociale de l’Etat fédéral. Celui-ci revalorise le salaire minimum, étend et développe les transferts pour familles les plus pauvres. Il favorise aussi l’accès des populations à bas revenus au crédit. On parle alors de l’émergence d’une nouvelle classe moyenne sur les premières années du XXe siècle. Cette nouvelle couche sociale accède à la consommation de masse. Au cours des huit années évoquées ici [2], la consommation des ménages progresse de 5,25%/an et l’investissement de 7,9%/an. L’investissement intérieur est donc stimulé durant cette période faste mais il se concentre sur quelques branches d'activités. Il concerne d'abord le secteur des matières premières (agriculture, industries extractives) dont la rentabilité s’améliore. Il se déploie encore dans les activités liées à l’exportation de produits de base comme le transport, la logistique, etc.), le logement et la construction. On lance les chan-tiers de nouveaux ensembles immobiliers à tout va. Les promoteurs n’oublient pas non plus d’investir dans les centres de loisirs, les espaces commerciaux, les supermarchés.


Cet essor de la demande intérieure sera à l’origine d’une accélération substantielle des importations de produits industriels. En valeur, celles-ci sont multipliées par 3,8 entre 2004 et 2013. Les exportations manufacturières sont freinées (manque de compétitivité). Les importations bondissent. Le déficit commercial en produits industriels s'aggrave.


Echanges de produits manufacturés en milliards de dollars.

Source : IPEA, 2021.


A la fin de ces huit années, la crise financière mondiale de 2009 constitue un trou d’air après lequel la croissance se redresse. La stagnation du PIB en 2009 est suivie par un rebond de 7,5% en 2010. Sur les deux années 2010 et 2011, la consommation des ména-ges et l’investissement repartent. Le déficit commercial et le déficit courant se creusent. Ils sont financés par des investissements directs et des placements de portefeuille. Le change se réapprécie. L’épilogue se situe en 2011 : retournement des termes de l’échan-ge, essoufflement de la croissance, creusement du déficit courant, moindre attrait pour les investissements de portefeuille, mais attraction conservée pour les investissements directs.


Le revers de la médaille.


Cette période apparemment faste a certainement contribué à améliorer le revenu de nombreux ménages, elle a favorisé l’emploi (au point qu’en 2010, on pouvait parler de situation de plein-emploi et d’un recul historique du chômage). La période a aussi été marquée par une réduction des inégalités de revenus. Néanmoins, la croissance générée par le cycle de prix de matières premières élevées a été défavorable pour l’industrie de transformation nationale. Elle a renforcé une spécialisation de l’économie nationale qui n’est pas propice à l’amélioration significative de la productivité.


Un article précédent de cette série l’a souligné : au Brésil, l’industrie de transformation et tous les secteurs d’activité qui produisent des biens et services échangeables sont con-frontés à de sérieux obstacles qui limitent ou affaiblissent leur compétitivité. Les pro-ductions manufacturières nationales ne parviennent pas aux niveaux de productivité qui leur permettraient de rivaliser avec des concurrents étrangers qui innovent, pratiquent des prix agressifs et bénéficient (comme c’était alors le cas pour la Chine) de la sous-évaluation de leurs monnaies. Le différentiel de compétitivité a été accentué entre 2004 et 2011 en raison de la surévaluation du taux de change réel de la monnaie brésilienne et de la baisse tendancielle des prix des produits manufacturés sur le marché mondial. Dans ces conditions, la croissance de la demande intérieure qui marque les années 2004-2011 ne va être satisfaite que grâce à une accélération substantielle des impor-tations de produits manufacturés. L’amélioration des revenus et du pouvoir d’achat des consommateurs entraîne un boom de la demande de biens de consommation durables. Les familles se précipitent dans les shopping centres où les commerçants mettent en vente des téléviseurs à écrans plats, des téléphones portables, des appareils électro-ménagers importés d’Asie et principalement de Chine. Ces marchandises sont en général moins chères et de meilleure qualité que les produits manufacturés "made in Brazil". Entre le début des années 2000 et celui de la décennie suivante, en valeur, les impor-tations brésiliennes d’équipements de télécommunication, d’enregistrement et de repro-duction du son sont multipliées par 4. La progression des importations est également très forte dans le secteur de l’habillement, de la chaussure, des produits pharmaceu-tiques et cosmétiques.


Les importations ne sont pas seulement tirées par un boom de la consommation. Les entreprises qui investissement privilégient aussi quand elles le peuvent le recours à des biens intermédiaires, des équipements ou des services fournis par des opérateurs étran-gers. Sur la période évoquée ici, les importations connaissent une très forte progression dans des domaines comme les semi-conducteurs, les machines-outils, les équipements de bureau, l’informatique, l’ensemble des appareils et instruments destinés à des usages professionnels. Dans la balance commerciale brésilienne, en valeur, les importations de machines et équipements électriques sont multipliées par deux au cours de la période évoquée. Dans ces conditions, de nombreuses branches de l’industrie manufacturière nationale ont perdu des débouchés. D’autres ont été confrontées à une stagnation de leurs ventes.


D’autres secteurs d’activité ont en revanche largement profité du boom de la demande intérieure née avec le "super-cycle" des commodités. C’est le cas du commerce (de gros et de détail) déjà évoqué ici. Pendant les années 2000, alors que la Chine construisait de nouvelles usines, le Brésil multipliait les shopping-centres, notamment à la périphérie des mégapoles urbaines où vivent les consommateurs émergents. Outre le commerce, tous les secteurs qui fournissent des biens et services non échangeables (construction, servi-ces traditionnels, logement, hôtellerie-restauration, transports locaux, soins, services publics, etc..) ont également bénéficié de l’augmentation de la demande. Ce sont des secteurs qui opèrent sur des marchés captifs, où la concurrence étrangère n'existe pas. Les coûts et temps de transport sont ici trop élevés pour que des importations viennent substituer une offre domestique. Les consommateurs dont le pouvoir d’achat augmente ne vont pas se faire coiffer à l’étranger. Les ménages ne vont pas faire leurs achats quoti-diens dans les shopping centres chinois ou nord-américains pour profiter d’une éventuelle campagne promotionnelle ou de prix plus compétitifs.


Au cours des années 2000, bénéficiant d’une amélioration de leurs revenus, de nom-breux ménages de la classe moyenne traditionnelle et de la nouvelle classe moyenne ont investi dans l’acquisition d’un logement. Les familles les plus modestes ont acquis un terrain et construit elle-même leur maison. La période a été donc été marquée par un boom de la construction, un secteur où l’essentiel du travail et des biens intermédiaires utilisés sont d’origine nationale. L’offre de services et de biens non échangeables est limitée aux capacités disponibles dans le pays et les fournisseurs locaux ont de plus en plus de mal à satisfaire tous leurs clients. Confrontés à une progression marquée et rapide de la demande, ces fournisseurs ne peuvent pas répondre immédiatement en augmentant leurs capacités. Les prix des biens et services protégés de la concurrence internationale augmentent donc par rapport aux prix des biens et services échangeables.


Les services traditionnels, le commerce de proximité, la construction de logement ou de grandes infrastructures emploient majoritairement des travailleurs peu ou pas qualifiés. C’est aussi le cas des filières minières (au moins sur la phase d’installation des sites miniers et de démarrage de l’exploitation) et de filières agricoles. Pour quelques emplois très qualifiés créés sur les gisements ou les domaines agricoles, on crée davantage de postes peu ou pas qualifiés. Toutes ces branches recourent à une main d’œuvre dont le niveau de formation est moindre que celui des travailleurs employés dans l’industrie. La demande en employés peu qualifiés des secteurs de services traditionnels, de la distri-bution, en ouvriers du BTP ou d’exploitations agricoles augmente alors que la création de postes de travail dans l’industrie et les services qualifiés stagne ou se contracte. Pendant les années de boom des commodités, le Brésil a créé davantage de postes de vendeurs en commerces, de coiffeurs, d’agents de call-centers ou de salariés de pharmacies que de postes d’opérateurs d’équipements industriels robotisés, de designers ou de spé-cialistes en informatique et télécommunications.


Entre 2004 et 2012, pour l’ensemble de l’économie, la création nette de postes de travail aura été d’un peu plus de 13 millions. L’agriculture a perdu 4,487 millions de postes, essentiellement parce que le secteur a accumulé les gains de productivité et substituer la main d'oeuvre par des machines. Les créations nouvelles ont été principalement réalisées dans le secteur des services (12,159 millions de personnes supplémentaires occupées), dans la construction civile (2,716 millions de postes) et dans une plus faible mesure dans les industries extractives et manufacturières (2,630 millions). En d’autres termes, alors que le nombre d’emplois industriels stagnait ou progressait peu, une offre considérable d’emplois a surgi dans le secteur des services et de la construction civile en raison du boom de la consommation et du boom immobilier. Pour faire face à leurs besoins en main-d’œuvre, ces activités ont pu mobiliser en début de période une popu-lation peu ou pas qualifiée et sous-employée ou sans occupation. Cette offre s’épuisant, le commerce, la construction ou les call centers ont dû réviser à la hausse les salaires proposés pour attirer des candidats à l’emploi devenus plus rares.


En d’autres termes, la phase de croissance observée sur la décennie 2000 a entraîné une élévation des prix et des salaires dans le secteur des biens non échangeables. Exposée à une forte concurrence internationale, pénalisée par l’appréciation de la monnaie locale par rapport aux grandes devises, l’industrie manufacturière nationale qui pourrait répondre à une demande locale en plein essor a reculé. Dans une conjoncture de plein emploi, afin de continuer à attirer des travailleurs, les entreprises industrielles ont dû aligner les salaires proposés sur ceux qu’offraient les secteurs de services et de la construction. Exposées à la concurrence extérieure, elles n’ont pas pu répercuter sur leurs prix de vente l’élévation des charges auxquelles elles étaient confrontées. Lorsqu’elles dégageaient encore des résultats positifs, ceux-ci sont insuffisants pour financer des investissements nouveaux qui leur auraient d’améliorer la productivité.


La période de croissance de la première décennie du XXIe siècle et le plein emploi atteint ont provoqué une augmentation spectaculaire des salaires des travailleurs les moins qualifiés, sans qu’il y ait de contrepartie en termes d’amélioration de la pro-ductivité. Cela signifie que le coût unitaire de la production s’est élevé, induisant une baisse de la rentabilité des activités industrielles et conduisant à des réductions de productions et des programmes d’investissements. Comme si cela ne suffisait pas, l’appréciation nominale et réelle du taux de change de la monnaie nationale pendant plusieurs années a contribué également à détériorer la compétitivité de l’industrie brésilienne. Le résultat de ce processus est précisément la récession/stagnation que le pays connaît depuis plusieurs années ans avec un déficit de ses échanges courants, une chute des investissements et une croissance insignifiante. Sur la période 2003-2011, l’investissement et la consommation ont progressé grâce à l’élévation des salaires et au crédit. Le pays a utilisé un modèle basé sur le crédit, la consommation et la hausse des prix des matières premières, le pilier fondamental de cette construction étant le boom des commodités. Avec la fin du boom, le crédit s’est contracté, la consommation a perdu en vigueur.


En période de relative prospérité et de progression des recettes publiques, le gouver-nement fédéral ne s’est guère préoccupé d’investir dans une politique de l’offre, c’est-à-dire de réduire et de simplifier la fiscalité, de moderniser et d’accroître les infrastructures, de soutenir la recherche-développement. A partir de 2003, les réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité de l’appareil industriel (privatisations, ouverture à la concurrence du secteur énergétique, simplification des procédures administratives, etc..) ont été oubliées ou reportées sine die.


L’histoire s’est achevée à la faveur du repli des prix internationaux des produits de base (ils culminent mi-2011) qui a fait apparaître les dégâts liés à une croissance devenue insoutenable, car trop gourmande en importations. Ces dégâts ont été masqués pendant plusieurs années par l’amélioration des termes de l’échange et qui, soudain, a pris fin. Ils deviennent visibles à la fin du boom des matières premières. Le repli et la crise de l’industrie compte sans doute parmi les difficultés majeures qui ont été occultées pendant les années 2000. Pourtant, sans relance durable du secteur de l’industrie de transformation, le Brésil ne pourra pas engranger de gains de productivité significatif dans l’avenir. Les progrès dans ce domaine peuvent être obtenus également par une augmentation des investissements dans le domaine des infrastructures. Mais il s’agit avant tout de développer des filières industrielles compétitives, utilisant et diffusant des technologies de pointe, capables de répondre à la demande de nouveaux marchés en croissance. Le pays doit encore investir massivement dans l’éducation et la formation de ses ressources humaines, élever les compétences et les adapter aux nouveaux besoins de l’économie.


C’est sur cette question du capital humain que l’on reviendra dans e dernier article de cette série.


(A suivre : Un capital humain mal employé).


[1] Il est mesuré par la moyenne pondérée des taux de change réels bilatéraux (taux de change nominal multiplié par le rapport des indices des prix à la consommation du Brésil et du pays partenaire). Le taux de change réel est un prix clé dans l’économie, en partie parce qu’il détermine les exportations nettes. Lorsque le taux de change effectif réel de la monnaie brésilienne s’apprécie, les biens et services du pays deviennent plus chers par rapport aux biens et services produits à l’étranger. Cette évolution décourage les exportations et favorise les importations brésiliennes, ce qui réduit les exportations nettes. Les taux d’intérêt nationaux influent sur le taux de change réel. Toutes choses égales par ailleurs, une hausse des taux d’intérêt nationaux (ou un différentiel positif par rapport aux taux étrangers) augmente l’intérêt des investisseurs brésiliens et étrangers pour les actifs brésiliens, conduisant à une appréciation du taux de change nominal et du taux de change réel. [2] Pendant ces huit années, le Président Lula et la Présidente Dilma Rousseff ont tout simplement surfé sur la vague de hausse des prix des produits de base en accroissant l’emploi public, en menant une politique de soutien des revenus salariaux les plus modestes et de la consommation en général. Cette orientation sera à l’origine de la réputation que va acquérir Lula dans les milieux de gauche européen. Elle a effectivement amélioré le sort des pauvres pendant un temps. Pour avoir des effets de long terme, elle aurait dû être équilibrée par une poursuite des réformes structurelles.

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